Pet Sematary [BIFFF2019]

Pet Sematary / Simetierre « Le Maine, un état où tout va bien »

Pet Sematary est un roman de Stephen King sorti en 1983 et adapté pour la première fois à l’écran en 1989, il aura droit à une suite oubliable en 1992. 30 ans plus tard, Dennis Widmyer et Kevin Kolsch décident de remettre cette histoire aux goûts du jour.

Ce qui suit spoil une bonne partie du film, vous voilà prévenu.

Simetierre, nous raconte l’histoire d’une famille dont le père, Louis, souhaite ralentir un peu le rythme en quittant Boston pour Ludlow, au fond du Maine. Une belle maison avec un grand jardin, une forêt en dépendance et son cimetière pour animaux de compagnie, une grand-route avec des camions qui foncent juste devant la propriété… que demander de plus ? Un voisin, Jud, gentil mais un peu flippant quand même et un accès direct en trekking au Mordor (garanti sans hobbit). L’agent immobilier qui leur a vendu cette propriété, est un génie !

Le lieu idéal pour passer de bons moments en famille et de se retrouver à débattre de comment annoncer à sa fille de 9 ans que son chat adoré n’est plus de ce monde après avoir fait un câlin à un 36 tonnes qui passait par là. Que ce passe-t-il après la mort ? le paradis ? le néant ? La fille d’attente pour rentrer dans la salle le soir d’ouverture du Bifff?

Rien de tout ça messieurs, dames. Votre cher voisin tout gentil qu’il est, vous propose d’aller vers la Montagne du Destin et d’y enterrer le charmant animal afin de garder l’innocence de la petite Ellie intacte. Il ne mentionne pas le fait que tout ce qui se retrouve enterré dans cet endroit maudit revient avec de légers problèmes comportementaux et une odeur qui ferait passer le métro en période de canicule aux heures de pointes pour un Planète Parfum.

C’est ballot d’oublier ce genre de détails, mais notre gentil voisin fera amende honorable en expliquant que c’était une idée foireuse par la suite.

Du coup, que faire quand votre fille adorée fait, elle aussi, un câlin à un 36 tonnes roulant un peu trop vite et que vous avez un esprit cartésien de médecin chevronné ? Vous laisser partir votre femme avec le petit dernier, histoire d’avoir un peu de calme, vous prenez votre plus belle pelle et vous exhumez votre fille pour lui offrir une résurrection bien méritée. Votre épouse sera tellement heureuse à son retour. Ha oui, n’oubliez pas de droguer le gentil voisin qui aurait pu tenter de vous raisonner, ça serait dommage de foirer une si bonne idée.

Sans vous en dire plus de l’histoire, on a là une bonne partie de ce qui pose problème dans Simetierre : Une intro un peu trop lente et l’idée de ramener les morts à la vie qui ne tient pas la route. Pourquoi est-ce que ce gentil voisin vous amène sur cette terre maudite ? Il est au courant des effets néfastes sur les êtres vivants ainsi ressuscités  Sur ce point, la justification arrive plusieurs scènes plus tard comme si le film se rendait compte qu’il avait oublié de le montrer.

Le fameux Simetierre est sensé avoir une influence sur les personnages qui l’ont utilisé et les rendre un peu fou eux aussi mais je n’ai jamais eu l’impression que le personnage de Jud était sous cette influence avant qu’on y aille. C’est dommage car ça reste le point central de l’histoire, le pivot qui fait que tous les évènements s’enchaînent. A l’opposé, on peut sentir l’influence sur Louis pendant le reste du film et donc justifier certains choix qu’il prend. Ne manquerait-il pas un personnage pour montrer cette influence ? Dans le livre, c’est le cas avec un collègue de Louis qui cherche à l’empécher d’utiliser le Simetierre. Ici on a juste un esprit qui ne semble pas lié au lieu qui va mettre notre héros en garde ou utiliser un enfant en bas âge comme medium. Pas la meilleure idée du monde sur ce coup.

Au final, on sent un désir de prendre le film de 1989, de lui faire honneur et de jouer avec nos attentes par rapport à ce dernier : certaines scènes sont particulièrement dérangeantes, d’autres ne sont que des jump scares un peu trop téléphonés pour bien fonctionner. La question centrale du deuil et de notre capacité à l’acception sont traités de manière trop superficielle pour apporter quelque chose ; Même si la fin est rafraîchissante.

Simetierre cuvée 2019 se retrouve à hésiter entre l’hommage au roman et au film sans pour autant aborder son sujet complètement ou d’y apporter une réelle nouveauté. C’est bien dommage.

One thought on “Pet Sematary [BIFFF2019]

  1. Par rapport à Jud et l’influence du simetierre, je dirais qu’il a du apprendre à se contrôler avec les années, mais qu’il n’a pas su résister quand le chat est mort, avec pour bonne excuse que la petite aime le chat, et le père aime sa fille (de la réplique de Jud).
    Je pense que c’est là qu’il faut y voir cette influence du simetierre qui pousse ceux qui y sont aller à y retourner, à le nourrir.
    C’est fort léger certes, même si c’est expliqué lors de ses excuses.
    Pour le reste, bonne critique, j’ai bien rigoley 😀

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